LES TECHNIQUES ANTI-EMOTION

Lorsque l'enfant exprime l'émotion "interdite" dans son cercle familial, il va provoquer des attitudes "anti-émotion". Il est existe toute une panoplie. Retrouvez celles qui avaient cours dans votre enfance et que vous pratiquez peut-être encore:
LA HONTE
"Tu es ridicule de pleurer comme ça!", "Tu n'as pas honte d'avoir peur? Un grand garçon comme toi!" ou "Regarde comme tu es vilaine quand tu cries."
LE DENI
"Il n'y a aucune raison d'être triste pour si peu!", "Ne joue pas ta malheureuse" ou "Arrête ta comédie!"
LA CULPABILITE
"Arrête, ça me rend malade de te voir te mettre dans cet état!" ou "Avec tout ce qu'on fait pour toi, tu es bien ingrat de te dire malheureux."
LA PEUR
"Si tu continues à pleurer, tu vas pleurer pour quelque chose!", "Tu as intérêt à faire moins de bruit ou je vais me fâcher!"
LE PANSEMENT
"Allez calme-toi! Maman va t'acheter une glace, d'accord? Alors, souris-moi!"
LE RECADRAGE
L'entourage donne un autre sens, par exemple, la fatigue, à l'émotion de l'enfant."Cet enfant doit manquer de sommeil pour se mettre dans un tel état!" Devenue adulte, la personne aura de brusques baisses de vitalité lorsque l'émotion interdite sera sur le point de se manifester.
Ainsi, une de mes clientes avait souvent de brusques et épouvantables "coups de barre" au cours de la journée. Les médecins n'avaient pas trouvé d'explication médicale à cette fatigue fluctuante. Elle a découvert que ces moments d'épuisement correspondaient très exactement aux situations où elle aurait pu (et dû) se mettre en colère, émotion que par ailleurs elle disait ne jamais ressentir.
Le recadrage le plus fréquent, et à mon avis le plus dommageable, est celui du "caprice". Si l'enfant se braque brusquement et refuse de dire " au revoir", c'est probablement parce qu il est triste de voir partir ceux qu'il aime et qu'il croit que son refus va empêcher ce départ. Il ne cherche pas tenir tête, à défier l'autorité ni à se montrer impoli. Les enfants, surtout très jeunes, vivent leurs émotions comme des tempêtes intérieures sur lesquelles, ils sont aussi incapables de mettre un sens que d'exercer un contrôle. Lorsqu'on les somme de "cesser de faire un caprice", on est à la fois dans le déni de cette émotion et parallèlement, on leur prête des intentions cachées et des capacités à se dominer qui les dépassent. Les gens qu'on a beaucoup recadrés en "capricieux" et dont on a beaucoup nié les émotions deviennent des adultes très culpabilisés et se vivant comme des imposteurs ou des simulateurs quand ils ont des émotions authentiques.