LA FRUSTRATION

 

Nous avons déjà rencontré la joie, la colère, la tristesse, la peur, la honte et la culpabilité. L'entourage éducatif a déjà mis un considérable chaos dans le ressenti et en a enseigné les interdits, le refoulement, les émotions factices, l'art de se mentir à propos de ses perceptions authentiques et l'angoisse est venue chapeauter tout cela. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines: il nous reste à découvrir la plus désagréable des émotions: la frustration.

L'illusion de toute-puissance enfantine

Le bébé naît avec une illusion de toute-puissance. Il croit que l'univers entier gravie autour de son joli nombril. Il suffit qu'il exprime son inconfort ou son mécontement et aussitôt, la couche est changée, le biberon s'pproche ou des bras se présentent pour le bercer. Le bébé croit donc être un petit dieu auant le contrôle du monde. Sa maman semble être à 100% disponible pour lui. Mais tôt ou tard, brutalement ou progressivement, il sera confronté à la réalité et devra perdre cette illusion de toute-puissance. Et mieux vaut tard (vers 3-4ans) et progressivement que top tôt et brutalement. On ne peut pas tout avoir et tout de suite. Il est indispensable que l'enfant le compernne pour pouvoir faire la distinction entre le rêve et la réalité. Mais la perte de cette illusion est douloureuse pour tout le monde. Toute sa vie, l'ex-bébé gardera en lui la nostalgie de ce fantasme de contrôle absolu et il cherchera à retrouver ce sentiment d'être tout-puissant. A chaque fois que la vie lui montrera à nouveau ses limites, il retrouvera la douleur de se voir rappeler qu'il n'est plus un dieu. Cette terrible souffrance s'appelle " la frustration".

Douloureuse mais utile frustration! Car l'existence de limites à noitre pouvoir est indispensable à notre équilibre mental. L'angoisse, l'insécurité viennent souvent d'un manque de connaissance de ses propres limites donc de son identité. Imaginez les impressions qu'on peut avoir, si l'on se trouve en plein désert, au milieu des dunes, sans le moindre palmier pour se repérer. C'est pourquoi les enfants cherchent leurs limites. Elles les sécurisent, les structurent et les aident à construire leur identité. Elles les entourent comme une clôture psychologique qui définit leur territoire et fixe des repères. Les parents d'aujourd'hui rechignent souvent à cadrer leurs enfantss et c'est un tort. Car les enfants ne cherchent les limites des adultes que pour les trouver. Exactement comme ils pourraient avoir physiquement besoin de trouver un mur pour s'appuyer contre lui ou de voir des palmiers, des oasis et des panneaux indicateurs dans le désert.

C'est un sentiment très désagréable de se sentir impuissant à agir sur son environnement et les gens qui ont été trop vite et trop durement confrontés à leur impuissance le ressentent encore plus douloureusement que les autres. Mais si l'enfant n'apprend pas à gérer la frustration, il deviendra un adulte impulsif et rageur. Or, c'est dès l'enfance que doit s'apprendre la gestion de la frustration. Les gens qui savent gérer sont matures, sociables, capables de patience et d'endurance. Ils peuvent atteindre des objectifs à bénéfices non-immédiats, c'est-à-dire des objectifs à long terme: faire des études, des économies, un régime... Ceux qui ne savent pas gérer leur frustration restent compulsifs et violents, parce qu'ils croient que c'est la réalité qui doit s'ajuster à leurs rêves et non eux qui doivent ajuster leurs rêves à la réalité.

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 18/06/2009