A quoi sert la peur?

 

La peur sert à nous signaler les dangers ou les menaces. Notre besoin dans ce cas là est d'être rassuré.

Par exemple, je veux traverser la rue, j'entends crisser les pneus d'une voiture roulant à vive allure. Je ressens de la peur, celle de me faire écraser, je remonte donc sur le trottoir pour éviter le danger.

La peur est bien ce sentiment concomitant à la fuite pour éviter une menace: aller loin du danger.

Au départ la peur est une bonne chose, car elle nous permet de prendre conscience d'un danger et d'adapter notre comportement en conséquence pour pouvoir nous protéger.

Bien sûr, il ne s'agit pas toujours d'un sentiment très agréable, mais lorsqu'elle est fonctionnelle, c'est-à-dire adaptée à la situation, elle reste tolérable le temps de traiter le problème. Une fois résolu, le sentiment de peur disparaît. La peur trafiquée ne dure que le temps de gérer la situation menaçante présente ou future.

La peur concernant le futur, ce qui peut nous arriver comme danger à plus ou moins brève échéance. Une peur tournée vers le passé devient un sentiment trafiqué, dysfonctionnel. Par exemple, une phobie des serpents est une peur mal orientée dans le temps car elle est en relation avec des événements passés, bien plus qu'avec une menace pour le bien-être futur de la personne qui vit cette phobie.

La bonne expression de la peur est de se laisser trembler, ne pas rester seul, demander de l'aide, pouvoir en parler...

Pourquoi trafiquons-nous nos peurs?

Nous l'avons déjà évoqué: la culture, l'éducation,  l'ignorance de la fonctionnalité des émotions. Nous commençons à les trafiter dès notre plus jeune âge. Les peurs chez l'enfant deviennent plus évidentes lorsqu'il commence à entrer dans le langage. L'accession aux mots, aux signes, aux symboles, favorise la prise de conscience des dangers.

Dans les cas de peurs chez vos enfants, avant tout ne lui demandez pas pourquoi il a peur. Car il ne saurait que difficilement cibler le problème mais dites lui en quoi pouvez vous l'aider afin qu'il puisse se sentir rassuré. L'enfant vous donnera lui-même la réponse comme par exemple, lire un livre, regarder sous son lit, laisser une lumière....

Concernant les adultes, sachez qu'il y a de vrais problèmes mais aussi des faux problèmes, il y a aussi de vraies peurs et de fausses peurs. Mais les fausses sont pires que les vraies. Alors, même s'il s'agit d'une fausse peur, il est possible d'apporter de vraies solutions.

Plus nous faisons des choses appropriées pour nous protéger face à une peur, plus nous nous donnons des chances pour qu'elle disparaisse.

Celui qui n'a peur de rien vit à "tombeau ouvert". Inversement, celui qui sait gérer ses peurs peut accomplir de grandes choses. Ainsi le trapéziste volant qui , avant d'exercer son art, observe si le filet est mis, vérifie la solidité de la struture poteau par poteau. Ensuite, il peut accomplir des prodiges en jonglant avec la loi de la pesanteur car, en cas de chute, il sait qu'il sera accueilli.

La peur est une bonne chose pour nous. Sa fonction est de nous faire prendre conscience d'une menace, d'un danger, pour nous permettre de faire en sorte de nous protéger.

Plus nous faisons des choses appropriées pour notre peur, plus nous avons des chances qu'elle disparaisse.

Inversement, plus nous cachons nos peurs, plus elles augmentent et plus nous risquons de nous mettre en danger.

O. Nunge et S. Mortera

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Dernière mise à jour de cette page le 02/02/2009