A quoi sert la colère?

La colère sert à mobiliser notre énergie pour faire changer les choses, les comportements des autres ou nos propres comportements qui ne nous conviennent pas.

Notre besoin, dans ce cas-là, est d'être respecté. Par exemple: quelqu'un me marche sur le pied dans la rue, je ressens de la colère, je monte le ton et hurle :"vous m'avez fait mal"...

La colère est bien ce sentiment concomitant à l'attaque, le combat, l'affrontement de la menace (aller contre...).Elle nous signale un problème et nous permet dde changer ce qui ne nous convient pas. Cette émotion concerne une situatio présente pour catalyser un changement. Il est important de l'exprimer dans l'instant.

La manière de l'exprimer est de passer par la voix, le cri, la décharge d'énergie, tout en respectant trois conditions:

- ne pas se faire du mal.

- ne pas faire du mal à l 'autre.

- ne pas casser d'objets.

Les trois principales sources de la colère

1) La frustration

Elle survient:

- lorsque quelqu'un ne tient pas sa promesse : exemple un rendez vous manqué....

- lorsque nous sommes privés de ce qu'on nous doit: exemple notre employeur ne nous verse pas notre salaire....

- lorsque nous sommes dépossédés: exemple nous entrons chez nous et constatons que l'on nous a cambriolé...

2) L'intrusion dans notre territoire

C'est notre coté animal, toute intrusion vient toucher notre cerveau archaïque avec son coté lézard et serpent. Si vous mettez malencontreusement la main dans le trou d'un reptile, il est fort probable que celui-ci vous mordra car il n'aime pas être dérangé. De la même manière, nous ressentirons de la colère si nous surprenons un intrus dans notre chambre à coucher.

3) l'entrave à notre liberté

- de temps: si quelqu'un dispose de notre temps sans nous consulter. Par exemple, dans les entreprises, si on bouscule le calendrier des congés.

- de mouvements: par exemple lorsque nous sommes dans les bouchons ou s'il y a trop de monde dans les magasins.

A travers ces illustrations, nous voyons que la colère concerne une situation présente. Sa fonction est de nous permettre de résoudre les problèmes de l'existence ici et maintenant.

- Elle nous signale une dépossession, un manque, une entrave à notre liberté, une intrusion sur notre territoire.

- Elle nous permet de mobiliser de l'énergie car, en concrétisant notre mécontentement et sa cause, nous nous disposons à résoudre le problème et à trouver une réponse efficace.

- Elle nous permet de nous inifier car, quand nous sommes en colère, nous ne pensons qu'à une seule chose, nous nous focalisons sur le problème à résoudre.

- Elle permet de tester, de renforcer le lien avec les autres, de faire évoluer le relation avec quelque chose de plus satisfaisant. Ainsi, dans un couple, après une première grosse scène de ménage, qu'il est bon de sentir que l'on aime encore, après la réconciliation... Pour une équipe, affronter les conflits permet de faire naître le sentiment d'appartenance et de créer la cohésion du groupe.

Une colère fonctionnelle se reconnaît à un comportement résolvant le problème, par opposition à une violence inutile ou un simple défoulement qui ne font que perpétuer le problème.

Là encore, nous pouvons trafiquer notre sentiment de colère, et nous comporter de manière inappropriée. Cependant, une colère qui ne se dit pas ne s'efface pas. Elle ressortira de manière détournée et destructive, soit de façon interne, soit de façon externe.

Pourquoi trafiquons-nous nos colères?

Encore une fois, à cause de l'ignorance de la fonctionnalité des émotions, de l'éducation... Dès l'enfance,on nous inculque de croyances du genre: "la colère est mauvaise conseillère", "être en colère, c'est être méchant, anormal, fou..."? Pourtant, nous ressentons de la colère, mais nous ne l'exprimons pas par peur des représailles, peur d'être rejeté, peur de déplaire... Il y a aussi la peur d'être destructif. Et nous pouvons douter: "à quoi bon? ça ne sert à rien..."

Tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime... tout ce qui est imprimé cherche à s'exprimer...

La colère accumulée tente de ressortir sous une forme de mélange de sentiments tels que l'angoisse, l'anxiété, la dépression... la culpabilité qui est une sorte de colère intra-psychique, ou sous forme somatique: troubles cardiovasculaires, crampes à l'estomac, ulcère, mal dans le dos... C'est pourquoi il est fondamental d'exprimer sa colère pour éliminer les tensions. Tout comme il est fondamental d'aller aux toilettes pour éliminer les déchets.

L'élimination émotionnelle est aussi importante que l'élimination physique. L'éducation devrait nous apprendre à contrôler les émotions comme nous apprenons à contrôler nos sphincters. Nous apprenons à l'enfant à ne pas uriner n'importe où mais nous ne l'empêchons pas d'uriner, car les conséquences seraient désastreuses.

L'idéal est d'exprimer sa colère sur le moment, mais ce n'est pas toujours approprié. Alors, il faut apprendre à différer. Il est vrai que la colère, comme toute émotion, ne peut pas s'exprimer n'importe où, n'importe quand, n'importe comment ni avec n'importe qui.

Nous pouvons contrôler notre colère à certains moments et la faire sortir à d'autres. Si nous ne pouvons pas l'exprimer ici et maintenant, nous la mettons de coté. Alors, pour notre colère que nous ne pouvons pas exprimer sur le moment, nous pouvons nous réserver un temps, un lieu protecteur, seul ou avec quelqu'un d'initié pour évacuer, extérioriser cette colère, avant qu'elle nous fasse du mal.

Dans ces moments-là il faut lâcher prise, arrêter de vouloir tout contrôler, avec la tête, le mental et faire confiance à notre corps qui, dans son immense sagesse, sait ce qu'il faut faire pour que l'émotion sorte.

Dans notre culture, nous avons peur de l'intensité, nous n'aimons pas entendre quelqu'un qui crie très fort ou qui tape des pieds car nous confondonc cette expression simple avec la violence. Mais, rappelons que nous pouvons faire sortir cette émotion aevc intensité sans se faire du mal, ni de mal à un autre,ni en cassant d'objets.

Nous pouvons l'extérioser pour nous-mêmes et non contre les autres.

La colère mal contrôlée, glissant dans la violence, est à proscrire, mais celle que nous gérons bien nous soulage, car elle nous permet de sentir bien et donne la possibilité à notre corps de se régénérer.

O. Nunge et S. Mortera

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Dernière mise à jour de cette page le 02/02/2009